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 Sujet du message: Initial Distribution Vidéo
 Message Posté: 23 Avr 2013 20:16 
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Inscription: 12 Mai 2009 23:56
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Dossier écrit par Nekrophil et initialement publié sur le forum de Vhs-Survivors.
Mise en page et iconographie : Valor


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Initial Distribution Vidéo : trois mots qui résonnent dans la tête des vidéophages que nous sommes. trois mots qui évoquent tour à tour la joie de mettre la main sur une perlouze italienne introuvable, l’incongruité devant une jaquette tout aussi énigmatique que son titre, la rage de s’être fait flouer (à moindre frais) avec une bande inaudible… trois mots enfin qui, même s’ils ne vous disent rien, ont néanmoins écrit une partie de l’histoire de la vidéo en France.


1983 -1985 : la gestation

1983 : le marché de la vidéo en France est en ébullition. C’est l’euphorie. Ce nouvel eldorado économique voit fleurir une quantité toujours croissante de nouveaux éditeurs, qui connaîtront pour la plupart d’entre eux, à brève échéance, de grandes désillusions.

C’est au mois d’avril de cette année 1983 que se constitue, sous l’impulsion de Elie Houri, 23 ans, la société Melisa Vidéo. Celle-ci lance ses cinq premiers films sur le marché : "L’amour en 1ère classe" ; "Rodriguez au pays des merguez" ; "Ces flics étranges venus d’ailleurs" ; "Lutte au finish" et "Dark August", suivis, le mois suivant, par : "Impossible pas français" ; "Une reporter de choc" ; "Les joyeuses colonies de vacances" ; "Anti-gang et séduction" puis "Tim" en juin. La machine était lancée.

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1985 : la naissance

Melisa Vidéo tire honorablement son épingle du jeu pendant deux ans. C’est en effet un éditeur dynamique qui commercialise un catalogue certes de qualité variable mais soutenu par des campagnes de promotion des plus efficaces. Néanmoins, c’est en mars 1985 que sort "Folie sous contrat", le dernier film estampillé du logo rose néon… Fin de l’aventure ?

Bien au contraire, ceci va marquer le véritable début de l’épopée qui nous intéresse. Nous sommes alors en mai 1985, et Elie Houri s’associe avec Alain Guy Aknin, un ancien de Proserpine, pour créer Victory Vidéo. A la faveur d’un contrat de licence avec la société américano-canadienne Victory Communications, nos deux compères lancent immédiatement sur le marché "Experiment 2000" ; "Le rescapé" et "Summer City", premiers films édités par le nouveau label. En juin de la même année sortira "Terror Tape", suivi en septembre de "Zone d’impact" ; "Flush" et "Eliminator". On remarquera d’emblée que l’aspect visuel général des jaquettes est alors très proche de celui de feu Melisa Vidéo.

D’entrée de jeu, Houri et Aknin affirment leur volonté de ne pas confiner leur activité au seul métier d’éditeur mais de l’étendre également à celle de distributeur : "Nous ouvrons notre réseau commercial à tous ceux qui veulent nous confier leurs produits. Il faut, bien entendu, que ces derniers soient d’une qualité recevable. Il n’est pas question pour nous de distribuer n’importe quel film que l’on nous propose." (sic) Je vous laisse apprécier la teneur hautement comique de cette louable déclaration d’intention…

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1985 – 1987 : la croissance

Des intentions à l’action, il n’y a qu’un pas qui est franchi en septembre 1985. En effet, Victory Vidéo "distribue" alors les deux premiers titres - en l’occurrence "Diggers" et "Le dernier pénitencier" - d’un nouveau label : Metropole Home Video. En mars 1986 fleuriront Glinwood Films (pour "Inside man", suivi le mois suivant par "The Masters") et Challenge Productions (pour "La guerre des as", suivi le mois suivant par "Impulsions" ; "La poupée de la terreur" et "Prisonniers du fond des mers"), deux "éditeurs" également "distribués" par Victory Vidéo qui, de son côté, continue à sortir des titres sous son label.

Il en va ainsi pendant deux petites années. Deux ans pendant lesquels Houri et Aknin développent leur petite affaire auprès des vidéoclubs et des grossistes. Mais déjà, l’entreprise tend à s’opacifier via l’apparition de ces pseudos éditeurs - qui sont en fait des émanations directes créées et pilotées par Victory - pour lesquels Victory Vidéo n’assume que le rôle de distributeur. Une manœuvre habile dont on comprendra la raison plus tard…

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1987 : le virage ?

En 1987, le marché de la vidéo en France connaît une mutation profonde qui voit l’explosion de la vente de K7 au grand public via l’ouverture de nouveaux circuits de distribution que sont la Vente Par Correspondance et surtout la grande distribution. En effet, le circuit traditionnel de vente pour les éditeurs se limitait auparavant aux seuls vidéoclubs. De fait, les prix chutent de façon spectaculaire, passant de 600 à plus 1000 F la K7 à une fourchette comprise entre 100 et 200 F.

C’est à ce moment que nos deux hommes restructurent (en surface) leur entreprise. Victory Vidéo et ses labels / éditeurs sont morts ! Vive Atlantic Home Vidéo ! C’est sous ce nouveau nom que l’activité d’édition se poursuivra (pour un temps seulement…). D’ailleurs, pour simplifier la visibilité des titres, tous les films édités précédemment sous les multiples labels de la galaxie Victory se retrouvent estampillés du sceau d’Atlantic Home Vidéo (un nom par ailleurs allègrement piraté à une société de production américaine…). La décision est prise, Houri ne travaillera plus pour les vidéoclubs mais axera sa politique de commercialisation uniquement sur la vente en grandes surfaces - et très peu de temps, au tout début d’Atlantic, en VPC. Le schéma est alors simple : Atlantic Home Vidéo édite (réédite) des films qui sont distribués par… Initial Distribution Vidéo, une entité créée en fait depuis le 19 février 1985 (holding des activités de Houri) mais qui n’apparaît en tant que telle et sous son nom qu’à partir de ce moment-là. A noter que le logo animé INITIAL que l'on trouve au début de certaines cassettes a purement et simplement été volé au studio d'animation de Steven Lisberger, réalisateur de "Tron" ! INITIAL / Lisberger Studios (Merci à Vincent Potel pour l'info)
Commencerait-on à y voir plus clair ? Sans doute, mais pas pour longtemps…

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1988 - 1998 : le grand portnawak

On pourrait parler de la décade prodigieuse pour retracer ce que furent ces années pour, il faut désormais bien l’appeler ainsi, Initial. Les K7 distribuées par Houri sont dans tous les supermarchés de France et de Navarre. Pas un mois sans la quinzaine des K7 bradées : 100 F au début, puis rapidement 50, 40, 30… jusqu’à 20 F. Du pain béni pour les magnats de la grande distribution qui voient en ces K7 un produit d’appel on ne peut plus alléchant. Les quantités écoulées par Initial sont colossales (jusqu’à 900 000 unités / mois…). Mais comment fait-il ? En usant de la stratégie de l’écran de fumée. Non seulement il recycle sempiternellement les mêmes films - on ne compte plus les multiples éditions de "Eliminator" ; "La poupée de la terreur" ; "Witch" ; etc. - mais en plus il les maquille derrière des titres hallucinants (ainsi 'Le Mystère Stepford" peut devenir "Genesis"…) et des jaquettes aux "images non contractuelles", pour rester sobre. Tout ceci édité par une tétrachiée "d’éditeurs" fantoches aux consonances américaines dont voici un petit récapitulatif non exhaustif et non chronologique (juste pour le plaisir) :

Marathon PicturesComic showImperial Home VidéoPrism VisionBest of Fantastic - Best of HorrorHorizon Home VideoRocket PicturesContinental Home VideoMondial Home VideoPropulsion Home VideoExplore VisionHighway PicturesCollection FrissonTriangle Video PicturesGlobal VisionOdissey Video ProductionPyramide ProductionsEliot Communications ServicesPanorama StudiosEternity Home VideoEmpire VisionPower CollectionHollywood HitsBroadway Home VideoVictor’s Video VisionMonitor VideoPositif VisionTridentStars Home VideoSupra Vision - MatriX...

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Alors bien-sûr, cette manipulation ne trompe pas les ciné-vidéophiles avertis que nous sommes, et nous avons toujours su démasquer la perle ou le nanar caché sous ses apparences trompeuses, mais qu’en est-il des centrales d’achat des grandes surfaces (vous savez, les cow-boys…). Sont-ce des rats de cinémathèque ? J’en doute… Il était donc aisé de leur fourguer dix fois le même film sous dix habillages différents. Et le client final, le consommateur lambda qui se sera fait flouer en achetant deux ou trois fois le même film ?... Ben, on s’en fout ! De toutes façons, on n’est pas là pour éditer des films mais pour faire de l’argent. Et de l’argent, il en a fait…

Pourtant, en 1995, un coup de semonce est venu secouer la mécanique bien huilée d’Initial. L’affaire "Megalopolis". Souvenez-vous, le manga déferle en force sur la France et Pathé, détenteur exclusif du label et du logo Manga Vidéo voit d’un très mauvais œil la sortie chez Initial des films "Megalopolis" et "Gunhed Robot-War" ornés du logo "Manga Vidéo Live" reproduit à l’identique. Résultat : procès immédiat avec gain de cause à Pathé et retrait et mise sous séquestre des stocks commercialisés par Initial après moins d’une semaine de mise en place. Depuis, ces K7 sont devenues de véritables collectors…

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Mais ceci n’aura pas refroidi les ardeurs d’Initial. Néanmoins, cette péripétie coïncide avec le début de son déclin. En effet, les éditeurs traditionnels, conscients de la manne que représente le marché de la K7 à bas prix, commencent à leur tour à proposer leurs titres de fonds de catalogue sur ce créneau. Ainsi, les Warner, Universal, Une Vidéo (émanation de TF1 Vidéo) et consorts sortent des K7 à 40 F, et pour le consommateur moyen, entre un "Vidéodrome" et un "Video Dead", il n’y a pas photo. Lentement mais sûrement, les K7 Initial disparaissent des rayons, cédant la place à des cousines issues de lignées plus nobles…


1999 : Intégral Vidéo

Paradoxalement, c’est l’arrivée du DVD, véritable booster et second souffle du marché de la vidéo qui va sceller définitivement le sort d’Initial. En mauvaise posture, en proie à de multiples démêlés judiciaires avec des ayant-droits excédés de se faire flouer par les combines frauduleuses de cet "éditeur" (exploitation des films sans en acquérir les droits, trafic de masters pirates, etc.), Initial se lance dans le bain du support numérique… et nous ressort - via le nouveau label Intégral Vidéo - encore et toujours les mêmes titres : "Dead zone" ; "Re-animator" ; "Q the Winged Serpent" ; etc.

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Ce sera là le dernier soubresaut, ou baroud, d’une société (d’un homme ?), qui, l’air de rien, aura contribué à faire de la vidéo en France un marché pesant plus d’un milliard d’euros… et aura été la seule à éditer (sans toujours en avoir les droits) certains titres comme "La maison aux fenêtres qui rient" (aka "La porte de l’enfer") ; "Thriller" (aka "Crime à froid") ; "Le Spectre du Dr Hichcock" (aka "Dernière phase") ; "Meurtre au rasoir", sans oublier le fameux "4 mouches de velours gris" de Dario Argento.


25 octobre 1999 : la fin...

Le tribunal de commerce prononce la liquidation judiciaire de la société Initial Distribution Vidéo. Dans la foulée, un autre tribunal décidera de mettre pour quelques temps Elie Houri à l’ombre, afin de lui permettre de méditer sur ces quinze années d’une activité pour le moins… foisonnante.

Ainsi donc s’est achevée la saga Initial. Mais l’homme a de la ressource, et gageons que tôt ou tard, à l’instar d’un Georges Barucq (Colombus), nous entendrons de nouveau parler de lui. Mais c’est une autre histoire… qui reste encore à écrire.

8-)

Quelques catalogues, publicités et documents d'époque :

Atlantic :

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(Scans : Flint)

Impérial :

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Melisa :

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(Scan : Steb)

Vidéo 7 n° 32 (Avril 1984) :

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(Scan : Steb)

Vidéo 7 n° 40 (Décembre 1984) :

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(Scan : Steb)

Vidéo 7 n° 42 (Février 1985) :

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(Scan : Steb)

Télé Ciné Vidéo - Mai 1983 :

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Video7 - Janvier 1984 :

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Video7 - Octobre 1984 :

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Video7 - Mai 1986 :

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Interview d'Alain Guy Aknin (Télé Ciné Vidéo - Septembre 1985) :

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;)


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 Sujet du message: Re: Initial Distribution Vidéo
 Message Posté: 23 Avr 2013 20:57 
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Messages: 141
Ah oui, cela ravive de bons souvenirs qui datent tout de même de 10 ans ou presque !
Ce dossier déjà excellent à l'époque n'a pas pris une ride, si ce n'est l'assertion concernant l'aspect collector des Initials "estampillées manga live video". On en trouvait à foison. Perso, j'avais acheté un pack de 2 et je suis loin d'avoir été le seul.

Quant à la dernière phrase d'Aknin sur le pan&scan, ça en dit long sur la qualité de travail fournie par ces zozos (voir le 'Action Man' de Deodato), souvent atroce. Leur seule gloire : avoir exhumé quelques perles comme Crime à froid.

Merci à Valor d'avoir récupéré ce papier (électronique) à l'époque. T'aurais pas les fiches vhs-survivor de vhscollector à faire tourner par hasard ?


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 Sujet du message: Re: Initial Distribution Vidéo
 Message Posté: 23 Avr 2013 21:44 
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Un grand bravo à Nekrophil pour ce dossier ultra-complet ! La précision de tes informations est impressionnante ! :shock:


Sinon, Fairfax, la seule chose de Vhs Survivors que j'ai récupérée, c'est la liste des membres avec la taille de leur collec' : tu étais 16ème avec 1438 cassettes ! :mrgreen:


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 Sujet du message: Re: Initial Distribution Vidéo
 Message Posté: 09 Mai 2013 18:07 
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Inscription: 19 Déc 2008 11:06
Messages: 16
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Très instructif ! ;)


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 Sujet du message: Re: Initial Distribution Vidéo
 Message Posté: 12 Aoû 2016 18:38 
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Inscription: 19 Déc 2008 11:06
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Localisation: Vanves
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Le logo animé INITIAL que l'on trouve au début de certaines cassettes a purement et simplement été volé au studio d'animation de Steven Lisberger, réalisateur de "Tron" !

INITIAL / Lisberger Studios :shock:

Merci et bravo à Vincent Potel pour l'info !


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 Sujet du message: Re: Initial Distribution Vidéo
 Message Posté: 16 Juin 2017 12:32 
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Inscription: 08 Jan 2016 15:08
Messages: 14
Localisation: Doué-la-Fontaine (49), France
Concernant "Manga Video Live", j'ai trouvé un autre titre d'un film déjà édité par Delta Vidéo et sans les droits (ce qui était une habitude chez Initial) : Godzilla contre Biollante.

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Il n'est pas très cher sur PriceMinister, voici le lien :
http://www.priceminister.com/offer/buy/2243497/Godzilla-Contre-Biollante-Gojira-Tai-Biorante-VHS.html


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